"Le Harem et l'Occident", Fatima Mernissi

Publié le par Collectif des Féministes pour l'Egalité

A lire dans Périphéries:

 

 

 

Feuilles de route

 

«Le harem et l’Occident», de Fatema Mernissi

 

«The Good Body», d’Eve Ensler

 

 

SORTIR DU «HAREM DE LA TAILLE 38»

 

http://www.peripheries.net/f-harem.html

 

 

 

En interrogeant les Européens sur la vision fantasmatique qu’ils se faisaient du harem, la Marocaine Fatema Mernissi – elle-même née dans un harem bien réel – a été intriguée de constater que les fantasmes sexuels des hommes occidentaux étaient souvent peuplés de femmes muettes, passives, et qu’ils considéraient l’échange intellectuel comme un obstacle au plaisir. Dans sa propre tradition culturelle, explique-t-elle dans «Le harem et l’Occident», les femmes, au contraire, sont réprimées en connaissance de cause, parce qu’on leur reconnaît la possibilité d’être des égales, et que leur intelligence suscite à la fois crainte et attirance. Au terme d’une enquête lumineuse, elle formule cette hypothèse: les Orientales subissent un enfermement spatial, alors que les Occidentales, elles, sont enfermées dans une image à laquelle on les somme de correspondre: ce qu’elle baptise le «harem de la taille 38». Un carcan immatériel qui, en ces temps d’uniformisation galopante, se répand cependant sur toute la planète. L’énergie que consacrent les femmes à «réparer un corps qui n’a jamais été cassé» pour le faire correspondre aux canons de la beauté, c’est aussi le sujet de «The Good Body», la pièce de la New-Yorkaise Eve Ensler, qui fait écho, avec la même vitalité, le même humour et la même perspicacité, au propos de Fatema Mernissi.

 

 

 

Edito

 

La femme, l'étranger

 

L'OCCIDENT OU LA PHOBIE DE LA DIFFÉRENCE?

 

http://www.peripheries.net/e-difference.html

 

 

 

«Dans les premiers temps de la civilisation musulmane, écrit Fatema Mernissi dans «Le harem et l’Occident», le voyage et la découverte des cultures étrangères étaient indissociables de la découverte du sexe opposé. Prendre le risque d’aimer une étrangère est un thème qui se retrouve dans les légendes, les peintures et les récits.» Dans sa culture, dit-elle, on n’occulte rien du fossé que représente la différence – tant culturelle que sexuelle –, des conflits qu’elle engendre, ni du courage qu’il faut pour l’affronter, mais on est en même temps très conscient de ses charmes, et de la richesse qu’elle apporte à ceux qui osent relever le défi. A la lire, on s’interroge: et si l’Occident, lui, n’était capable de rencontrer l’autre que sur le mode de l’assimilation, et jamais du dialogue? Est-ce un hasard si, aujourd’hui, en France, ceux qui posent une équivalence absolue entre différence culturelle et barbarie sont aussi, bien souvent, les partisans d’un féminisme «assimilateur», niant toute différence sérieuse entre hommes et femmes? Dans les deux cas, il s’agit de discréditer des individus dominés qui, porteurs d’expériences et de visions du monde différentes, pourraient remettre en cause les catégories de pensée établies. Ce qui, en excluant d’office des sources potentielles de renouvellement de la société, revient à s’instituer en gardien zélé de l’ordre établi.

 

 

 

Bonne lecture et à bientôt,

 

 

 

Thomas Lemahieu & Mona Chollet

 

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